24.7.08

Définion d'un OVNI (Objet visuel non identifié)








Pour être vue, l’image n’a pas besoin d’être intéressante ; il suffit qu’elle soit là. Tandis que le texte, aussi excellent soit-il, on peut encore allègrement l’ignorer ; et pour connaître son intérêt, encore faut-il l’avoir lu. Or l’appréhension d’un texte nécessite toujours un effort de concentration qui n’est pas indispensable quant il s’agit de regarder une image. Voilà le constat de départ de P. Lecalliband : le cerveau humain réagit davantage aux images qu’aux textes. Et c’est pour cela que les callibandes ou callibandies viennent contrer cette prépondérance de l'image sur le texte sur le plan cognitif. De quelle façon ? Face à un callibandie, OVNI à la fois image et texte, le spectateur ne sait plus s’il doit lire ou se contenter seulement de poser son regard dessus comme lorsqu'il se trouve en face d'une image classique. Et c’est là que naît son désir de lire, car une fois qu’il a vu l’image, il est frustré de ne pas pouvoir déchiffrer aussi facilement le texte lui aussi pourtant présent sous ses yeux dans le même objet. Nouvelle typologie d’image… ou de texte, la pièce de callibande demeure pour l’instant un objet d’art non identifié. Est-ce une image à lire comme un texte, ou un texte à regarder comme une image ? Là est la question. Et de cette interrogation conceptuelle naît la curiosité ou l’intérêt visuel pour les callibandes qui forcent ainsi toujours le regard puis l’acte de déchiffrage chez le spectateur attentif. Parce qu’elles se situent à mi-chemin entre le texte et l’image, on peut considérer que les callibandes restaurent un équilibre rompu.

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